Programme du colloque : vendredi 11 mai 2007
9 h 30 - Conférence
Un Ethiopien peut-il changer sa peau : le traitement des différences phénotypiques dans la Bible
La légitimation de l'idéologie raciale par la chrétienté au XVIe siècle a
largement contribué au développement de la traite et de l'esclavage des Noirs.
Beaucoup ont accepté le discours ambiant sans se poser la question :
Qu'en est-il du message évangélique lui-même ?
Mon propos dans cette intervention
est de faire revisiter quelques textes de la Bible évoquant la différence phénotypique.
Quelles sont les interprétations des auteurs bibliques ? Quels jugements portent-ils
sur la différence entre les humains ? Qu'en est-il du fameux mythe de la malédiction
de Cham ou du calvaire de Canaan ?
La Bible valide-t-elle l'exploitation et le
discours des théologiens et philosophes dans
l'Europe du XVème siècle à propos de la traite et de l'esclavage des Noirs ? Y a t-il
eu trahison du christianisme ? A la lumière de l'évaluation théologique de ces textes,
nous essayerons objectivement d'apporter ce que nous croyons être la réponse biblique
à la différence phénotypique.
Par Alain Nisus Professeur de Théologie systématique à la Faculté Libre de Théologie Evangélique (Vaux-sur-Seine)
10 h 00 - Conférence
L'apôtre Paul face à l'esclavage de son temps.
Après avoir parcouru l'ensemble des écrits de l'apôtre Paul pour y repérer les diverses mentions de l'esclavage qu'ils contiennent, nous chercherons à en préciser les contours. L'esclavage au Ier siècle se présente, en fait, comme une réalité hétérogène mais son cadre idéologique est clairement défini même si l'on assiste à une certaine évolution et moralisation de sa pratique du temps de l'apôtre. Nous tenterons finalement de décrypter l'attitude de Paul face à l'esclavage telle qu'elle se révèle dans ses lettres.
Jacques Buchhold, Professeur de Nouveau Testament à la Faculté Libre de Théologie Evangélique (Vaux-sur-Seine).
11 h 00 - Echanges avec le public
Libre débat, questions & réponses
14 h 00 - Conférence
Du commerce négrier au combat abolitionniste, l'implication du protestantisme français dans l'esclavage des Noirs.
L'expansion maritime de la France, aux 17e et 18e siècles, fut aussi celle de la traite négrière et du
commerce entre les ports de Bordeaux, Nantes et les côtes africaines et les Caraïbes. Ce commerce florissant
a profité aussi bien aux négriers catholiques que protestants.
Mais la mémoire protestante est relativement sélective et le souvenir des persécutions religieuses est bien plus
présent que celle de la traite négrière. Pourtant au regard de l'histoire, la question du rapport entre protestantisme
et esclavagisme - restée encore un peu taboue - mérite d'être posée.
Mais au-delà, il s'agira aussi de montrer l'influence unique de la " Société de la morale chrétienne "
(fondée en 1822) et des pasteurs protestants Benjamin Sigismond Frossard et de Guillaume de Félice sur
Victor Schoelcher qui a procédé à l'abolition de l'esclavage en 1848.
Jean-François Zorn, Professeur à la Faculté Protestante de Montpellier.
14 h 45 - Conférence
Du devoir de mémoire au droit à l'histoire, l'expérience des cultures de la Caraïbe.
Le surgissement inattendu de la question du devoir de mémoire dans la France contemporaine par beaucoup d'Antillais et d'Africains a soulevé bien des interrogations dans le débat public. Devant cette exigence de justice où la mémoire est tantôt refoulée, tantôt manipulée, instrumentalisée ou politisée, le romancier s'interroge sur le sens du devoir de mémoire en puisant dans le terreau de l'archipel des " îles-roseaux " nées de la résistance aux chaînes de l'esclavage.
Daniel Maximin, d'origine guadeloupéenne est poète, romancier et essayiste. Dernier ouvrage paru : « Les fruits du cyclone : Une géopoétique de la Caraïbe » Paris, Editions Seuil 2006.
15 h 30 - Conférence
La traite négrière entre mémoire et histoire.L’histoire est partielle, partiale, globalisante, la mémoire se base sur un peuple, tous ensemble sans tenir compte des origines. A partir de là, les contemporains construisent une mémoire sur un fondement objectif ; et la nation plus que les origines est le fondement de la mémoire.
La mémoire n’a d’essence que quand elle unit une nation pour qu’ensemble ils disent « Plus jamais ça ».
Gaston Kelman Dernier ouvrage paru : « Parlons enfants de la patrie » Editions Maxmilo, 2007.
16 h 00 - Echanges avec le public
Libre débat, questions & réponses
16 h 30 - Présentation de l'exposition du colloque
L'exposition " La Mer(e), C'est l'Histoire " tire son nom et son inspiration d'une part de la relation analogique que nous autorise en français et en créole l'homophonie entre Mer et Mère et, d'autre part, de la rencontre entre différentes œuvres poétiques, artistiques et littéraires de l'air caraïbéen.
17 h 00 - Chants traditionnels
Avec le groupe KONVIKSYON.
10 mai |
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12 mai |

